Août 24, 2015
FORMATION HIJAMA JUIN ET JUILLET 2016

Hygiène et Sécurité

EN TANT QUE DISCIPLINE THÉRAPEUTIQUE, LA HIJAMA OBÉIT A DES RÈGLES D’HYGIÈNE ELEMENTAIRES : IL Y VA DE LA SÉCURITÉ DES PATIENTS.

 

1 – LES GANTS :

          1 – 1 protection du praticien : les gants protègent avant tout le praticien et non pas le malade. L’utilisation de matériel tel que le bistouri expose à des risques de contact entre le sang et le praticien et dans ce cas les gants sont la protection primordiale.shutterstock_83121502

1 – 2 gants non stériles : il est inutile de se fournir en gants stériles puisque la pratique de la hijama ne répond pas aux règles d’asepsie majeure.

1 – 3 Lavage des mains : le port de gants ne dispense de se laver les mains avant de pratiquer une hijama, les gants peuvent se percer à tout moment.

1 – 4 une paire de gants par malade : il parait évident qu’il faille changer les gants pour traiter chaque malade. Certains praticiens effectuent plusieurs hijama à la fois. Dans ce cas, il est possible de conserver les mêmes gants sauf bien sûr si ceux-ci se déchirent. L’idéal serait que le praticien s’abstienne de porter des gants lors de hijama collective  tout en se lavant les mains entre chaque malade et qu’il assume le risque pour lui-même.

2 – LES LAMES :

la réalisation de l’incision est l’étape la plus délicate pour les risques d’infection

          2 – 1 lames et manchons stériles : le risque premier est une infection du tétanos, il faut donc vérifier avant la pratique que le malade est bien vacciné. D’autres risques (VIH, hépatite B, hépatite C) sont à redouter, il est donc essentiel d’aseptiser les lames.

Le manchon procure un avantage certain en comparaison au bistouri c’est la main du praticien est éloignée de la peau du patient. Il est aussi plus simple et plus facile à utiliser. Le geste est moins douloureux pour le malade.

          2 – 2 éviter les lancettes de dextro : cette  petites lancettes utilisées dans la récolte d’une goutte de sang pour un calcul de taux de glycémie sont à éviter. Leur utilisation est vivement déconseillée car le risque d’infection est élevé. L’aiguille du stylo piqueur peut contenir un résidu de sang et ainsi passer à un autre malade même après avoir changé la lancette.

          2 – 3 risques hémorragiques : ces risques existent car le praticien ignore le passé médical du patient. Lors de la première séance de hijama la tolérance   du patient est testée : peau fine ou robuste, sang fluide ou coagulant etc… les premières incisions doivent être superficielles afin de tester la peau. En général, l’incision mesure 0.1 mm sur une longueur de 4 à 5 mm. Elles sont espacées entre de 10 mm. Elles doivent être verticales et suivre correctement le trajet des vaisseaux. Il est recommandé la plus grande prudence lors des incisions dans le cou ou sur le crâne.

Si un patient présente des troubles de cicatrisation, de coagulation, ou tout simplement une peau trop fine, il vaut éviter les incisions. On préférera alors procéder à des microponctions et pourquoi ne pas recourir au stylo piqueur.

2 – 4 collecteurs d’aiguilles : les lames doivent être jetées dans des collecteurs réservés à cet effet. Dans chaque département il existe au moins un collecteur.

2 – 5 hijama et VIH : une étude a mis en relief les dangers de contamination après une hijama. Un cas de pneumopathie a été relevé sur un patient de 39 ans du à un germe du sida.

 

3 – LES DESINFECTANTS :

3 – 1 Désinfecter avant d’inciser : la  eau doit être nettoyée avec une solution antiseptique (Bétadine ou éosine) avant une incision.

          3 – 2 protéger les désinfectants d’une éventuelle contamination : nettoyer les flacons d’antiseptiques est utile mais il est bien mieux d’utiliser les produits consommables des patients eux-mêmes. Leur usage est à usage personnel. Il vaut mieux aussi préparer les produits avant de pratiquer les incisions, c’est ce qui se fait dans les hôpitaux avant tout opération chirurgicale.

 

4 – LES HUILES : il est possible d’utiliser l’huile d’olive ou celle de nigelle pour préparer la peau du patient.

 

5 – LES VENTOUSES  : le plus sûr et le plus simple est d’opter pour un usage unique des ventouses. Le malade peut aussi fournir les siennes s’il le souhaite. Sinon l’on garde les mêmes ventouses les précautions de nettoyage doivent être respectées.

  1. Ventouses fournies par le malade : un simple lavage à l’eau est suffisant. Il n’y a pas de risque d’auto infestation.
  2. Ventouses fournies par le praticien : si le patient est atteint d’une maladie infectieuse alors ces ventouses lui seront réservées puis jetées ensuite. Dans les autres cas, les ventouses doivent être bien vidées du sang contenu dedans et nettoyées correctement à l’eau puis trempées dans des solutions antiseptiques dans un bac en inox de préférence au minimum 20 mm.

Certains praticiens désinfectent les ventouses à l’eau bouillante ou à l’alcool, ceci permet d’éliminer les bactéries mais nullement les virus.

 

6 – LES COMPRESSES : il est nécessaire d’utiliser des compresses stériles imbibées de solutions antiseptiques pour une désinfection maximale. Un sachet de deux compresses au minimum est nécessaire. Le recueil du sang pourra se faire avec du papier absorbant.

Ces recommandations ont pour objectif la réduction des infections transmises lors d’actes de soin, notamment par les dispositifs médicaux, la réduction des infections croisées et le contrôle du risque infectieux lié à l’environnement.

Le cabinet médical ou paramédical, comme lieu particulier pour la mise en œuvre des mesures d’hygiène et de prévention du risque infectieux, est l’objet de ces recommandations.

Les recommandations abordent les questions suivantes :

Quelle organisation pour le cabinet médical ou paramédical et quels sont les entretiens des locaux et matériaux ?

Comment choisir et traiter le matériel médical ?

Quel doit être le niveau d’exigence d’hygiène des professionnels de santé ? Quelles sont les précautions standard à appliquer ?

Quelles sont les précautions supplémentaires à adopter et quelles sont les conditions de réalisation des gestes selon leur niveau d’invasivité ?

Quelles précautions prendre en fonction des risques spécifiques de certains patients ou de certains risques épidémiques ?

hs

 HYGIENE ET PREVENTION DU RISQUE INFECTIEUX EN CABINET MEDICAL OU PARAMEDICAL

OBJECTIFS

Diminuer les infections transmises lors d’actes de soin (notamment par les dispositifs médicaux) ;

Diminuer la transmission des infections croisées ; Contrôler le risque infectieux lié à l’environnement.

Privilégier les dispositifs médicaux à usage unique dès lors que cela est possible

(instrumentation de petite chirurgie, spéculums vaginaux par exemple)

Comment traiter le matériel médical ?

Matériel réutilisable thermorésistant, pré-désinfection, nettoyage et stérilisation par vapeur d’eau (sous-traitance,

ou appareil collectif ou individuel et disposant d’un cycle avec plateau thermique de 18 min. à 134°C)riel réutilisable

non thermostable

Pré-désinfection, nettoyage et, si le cabinet le permet, désinfection par acide peracétique à une concentration comprise entre 0,2 et 1%.

À défaut, sous-traitance, matériel à usage unique ou à patient unique, protections à usage unique.

Matériel réutilisable ne supportant pas l’immersion

Désinfection à l’aide d’un support non tissé imprégné d’un produit détergent-désinfectant (Cf. liste positive des désinfectants de la

SFHH : http://www.sfhh.net/documents). Cas du brassard tensionnel et du stéthoscope

Se laver les mains avec un savon doux liquide :

à l’arrivée au cabinet ; au départ du cabinet ; en cas de mains visiblement souillées.

Réaliser une friction des mains de 30 secondes avec un produit hydro-alcoolique (PHA) :

entre chaque patient ; en cas d’interruption des soins pour un même patient ; avant et après le port de gants médicaux.

Utiliser des gants à usage unique, en latex ou vinyle, non poudrés :

Quand porter des gants ?

contact muqueux, contact avec une peau lésée ou une plaie chronique ; gestes invasifs n’autorisant pas de procédure « No touch » ;

risque de souillure par du sang ou tout autre produit biologique (y compris étapes de pré-désinfection et nettoyage de dispositifs médicaux réutilisables) ;

présence de lésions cutanées manuelles, même minimes, chez le soignant ; contact direct avec un site anatomique porteur d’une bactérie multirésistante chez

un patient porteur documenté. La nature stérile ou non stérile des gants dépend du geste technique à réaliser.

Quand porter un masque facial ? :

de soins chirurgical

  • Risque de projection de liquides biologiques*.
  • Gestes à haut niveau d’asepsie :

abord d’une chambre à cathéter implantable; aspiration endotrachéale; préparation à l’accouchement

échographie endovaginale en cas de rupture précoce de la poche des eaux soins podologiques

  • Kinésithérapie respiratoire, aspiration bronchique et pose de sonde

nasogastrique chez un nourrisson atteint de bronchiolite

Masque FFP 1 ·  Tuberculose bacillifère, y compris chez un patient immunodéprimé (VIH)

Masque FFP 2

  • Tuberculose multirésistante ou lors d’une expectoration induite
  • Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS)
  • Grippe aviaire

* Plus lunettes de protection

Être à jour en termes de vaccinations (vaccinations obligatoires [BCG, diphtérie],

tétanos, poliomyélite, hépatite B, rougeole, rubéole, oreillons, vaccination annuelle

contre la grippe [sauf premier trimestre de grossesse]).

Prévention des AES

porter des gants lors de la manipulation d’objet coupant ou d’objets qui pourraient

être contaminés par du sang ou tout autre liquide biologique ;

ne jamais recapuchonner une aiguille avec les 2 mains ;

éliminer les aiguilles dans un collecteur à objets piquants, coupants ou tranchants

(OPCT) ; à défaut, opter pour un recapuchonage monomanuel.

En cas d’accident d’exposition au sang (AES) :

procéder à des soins locaux immédiats : antisepsie à 5 temps en utilisant le soluté de Dakin ou l’eau de Javel à 2,6 % de chlore actif diluée 5 à 10 fois ou tout

antiseptique à large spectre disponible (produits iodés, alcool à 70°, chlorhexidine alcoolique) ; temps de contact d’au moins 5 minutes ;

évaluer le risque infectieux du patient source ; contacter le référent médical hospitalier ou se rendre aux urgences avant 48 heures ;

déclarer, le cas échéant, l’accident du travail dans les 24 à 48 heures auprès de la Caisse primaire d’assurance Maladie, d’une mutuelle ou d’une compagnie

d’assurance privée (assurance pour le risque d’accident du travail) ; afficher la procédure dans le cabinet.

Sélectionner pour le cabinet un ensemble d’antiseptiques permettant de répondre aux différentes exigences de soins

Peau saine Peau lésée Muqueuse

  • Chlorhexidine alcoolique
  • Povidone iodée

alcoolique

  • Alcool à 70 %
  • Soluté de Dakin
  • Biseptine®
  • Povidone iodée aqueuse
  • Soluté de Dakin
  • Chlorhexidine aqueuse

(soins de brûlures)

  • Biseptine®
  • Povidone iodée aqueuse
  • Soluté de Dakin

Âge < 30 mois : soluté chloré de type Dakin ou soluté alcoolique en fonction de la surface à désinfecter

Détersion, rinçage, séchage à l’air libre, application d’un antiseptique de la même gamme et nouveau séchage à l’air libre (sauf si muqueuse)

Geste Antiseptique Gants Masque; pose de cathéter veineux périphérique Chlorhexidine alcoolique ou PVPI alcoolique NS

Arthrocentèse (injection) Chlorhexidine alcoolique ou povidone iodée alcoolique

« No touch »

Petite chirurgie En fonction du site et du geste NS Biopsie cutanée Chlorhexidine alcoolique Non Soins de brûlures Dérivé chloré ou chlorhexidine aqueuse

Soins d’ongle incarné Antiseptique pour peau lésée; Soins de cordon (si hygiène précaire) Chlorhexidine aqueuse ou alcoolique ; dérivé chloré

Non

Accouchement inopiné par voie basse Dérivé chloré NS Oui

Rupture précoce de la poche des eaux Dérivé chloré S Oui

Application d’un antiseptique et séchage à l’air libre sans détersion

préalable ; applicable avec une procédure « No touch »

Geste Antiseptique Gants Masque

Abords de cathéter veineux central à émergence cutanée et de chambre à cathéter implantable

Chlorhexidine alcoolique* ou à défaut povidone iodée alcoolique*

S ou NS si « No touch »

Oui

Ponctions ou injections IV, IM, SC, ID Alcool à 70° Non

Ponction artérielle, gaz du sang Chlorhexidine alcoolique ou povidone iodée alcoolique

Non ou NS

Arthrocentèse (ponction) Chlorhexidine alcoolique ou povidone iodée alcoolique

« No touch »

Anesthésie locorégionale Chlorhexidine alcoolique ou povidone iodée alcoolique Non

Pose de dispositif intra-utérin Povidone iodée gynécologique* ou dérivé chloré*

« No touch » ou NS

Pose d’implant contraceptif Chlorhexidine alcoolique* ou povidone iodée alcoolique* NS

Injection para vertébrale, épidurale, facettaire articulaire postérieure

Chlorhexidine alcoolique* ou povidone iodée alcoolique*

« No touch » ou NS

Acupuncture Non consensuel Non

Mésothérapie Biseptine® ou alcool à 70° NS§

Soins de trachéotomie Non alcoolique NS

Détersion, rinçage, séchage à l’air libre ; pas d’application d’antiseptique

Geste Particularités Gants Masque

Pose de sonde urinaire Maintien d’une technique aseptique S

Abord d’une sonde urinaire Toilette intime suffisante NS

Soins de plaies (propres et souillées)

Soins de plaies aiguës, de plaies chroniques et d’escarres

Usage possible de set de soins stériles

S ou NS

NS

Soins podologiques S : artérite, lésion profonde, etc. S ou NS Oui

Soins de cordon Si bon niveau d’hygiène Non

Soins de bouche et de prothèse dentaire NS

Abord de sonde de gastrostomie NS

Détersion : nettoyage avec un savon antiseptique ; S : stérile ; NS : non stérile ;

* : deux applications successives de l’antiseptique en respectant, hormis pour les muqueuses,

un temps de séchage intermédiaire : gant au minimum pour la main nettoyante.

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *