HIJAMA SUNNA

QU'EST CE QUE LA HIJAMA ?

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LA HIJAMA SECHE est la pose d'une ventouse en aspiration sur un point précis du corps en fonction de la maladie ou des maux à traiter.  Cette pose se fera d'environ 10 minutes.

la hijama dite « sèche » 

Cela consiste en la stimulation du flux sanguin : effet circulatoire. La hijama permet l’extraction de substances excédantes, toxiques depuis l’organe atteint vers la surface de la peau.

Plusieurs variétés existent :

1 – dry cupping : c’est la hijama sèche standard : on applique la ventouse sur la peau et on la laisse en place pendant 10 minutes.

2 – moving cupping : elle consiste en une faible succion de la peau avec un système de ventouse à valve. Le système de ventouse par combustion n’est réalisable que sis la combustion est lente. Lorsque la ventouse est en place sur la peau, on la déplace en formant un mouvement de S, il est nécessaire de bine huiler la peau avant. Souvent pratiquée sur le dos.

            3 – flash cupping : à réaliser par des mouvements de va-et-vient du sang depuis les profondeurs vers la surface. Les ventouses sont placées et retirées très rapidement toutes les 30 secondes.

 

A la différence de la HIJAMA SECHE, bellabaci-body-cup-set05-op

LA HIJAMA HUMIDE

consistera en plus d'effectuer des petits picotements superficiels sur la peau. On pose à nouveau les ventouses en aspiration pendant 10 minutes afin de capter les toxines.

la hijama humide est celle recommandée par le Prophète (sws). Elle bénéficie de l’engouement de certains médecins de par le monde actuellement et notamment en Europe et aux USA. La hijama humide consiste en l’extraction des substances nocives et toxiques accumulées. Son champ est immense.

Les ventouses ne sont pas obligatoirement posées à l’endroit exact du mal. On appelle cela le point distant. Leur localisation se base sur la position des ganglions lymphatiques, de part et d’autres de la colonne vertébrale.

Sinon les ventouses sont placées directement à l’endroit à traiter. Le praticien n’est pas obligé de traiter tous les points à la fois, surtout s’il n’est pas encore expérimenté ou si le malade est en état moyen.

Il existe plus de 100 points sur lesquels on peut appliquer les ventouses. Ces points ont été élaborés suivant 2 théories qui se sont vérifiées avec le temps.

  • Une théorie circulatoire au niveau du réseau veineux lymphatique. Ce réseau met en avant les points 1, 55, 49, 120, 43, 44.
  • La seconde théorie neurologique au niveau des métamères. Il s’agit de territoires contrôlés par les nerfs.

D’autres points ont été localisés par des médecins chinois : ceux-ci n’ont pas fondement scientifiques et ils sont énergétiques.

 

LES INDICATIONS POUR LA HIJAMA

LES CONSEILS DE LA SUNNA

  • Qu’elle ait lieu le 17ème ou 19ème ou 21ème jour du mois lunaire, car la lune pendant ces jours-ci est plus proche de la Terre, d’où la marée (le flux et le reflux) intense. Et comme l’être humain est à 60% constitué d’eau, il subit l’influence du rapprochement de la Lune à la Terre, le sang est ainsi facilement extrait.
    La HIJAMA durant cette période permet de trouver un équilibre en éliminant tout ce qui nuit à la santé. Ibn Al Qayim écrit à ce sujet : « Parce qu’au début du mois le sang n’est pas excité… et à sa fin il (le sang) est apaisé ».
    On retrouve les même propos dans le livre Al Qanun (La loi) d’Ibn Sinae (Avicenne).
  • Qu’elle se pratique alors que le sujet est à jeun. Les résultats sont plus probants que lorsqu’elle est faite à un patient ayant mangé (le ventre plein).
    Les conseils précédents sont à appliquer dans la mesure du possible. Sinon en cas d’urgence par exemple la hijama peut se faire à n’importe quel jour du mois et n’importe quel moment.

Les jours recommandés et les jours interdits

les jours de l’année

Aucun écrit ne spécifie de période précise. Cependant, il est prouvé que la hijama est préférable aux périodes chaudes de l’année: printemps et été.

Cela explique le fait que la hijama soit répandue au Maghreb, au Proche-Orient et au Moyen Orient. Le Prophète a d’ailleurs dit aux habitants du Hijâz (Arabie Saoudite) : « le meilleur des remèdes est la hijama».

Les jours du mois

Cette pratique de la hijama est dissuadée en début et fin de mois car la circulation sanguine n’est pas au mieux de son excitation. Il est préférable de pratiquer la hijama au moment du rayonnement de la lune est le plus intense.

Plusieurs hadiths parlent de ces périodes recommandées :

Abd Allah Ibn Masûd rapporte que le Prophète a dit : « Les meilleurs jours où vous réalisez la hijama sont le 17°, 19° et 21 jours ».

Abû Hurayah rapporte que le Prophète a dit : « Quiconque pratique la hijama le 17°, 19° et 21, ceci sera une guérison pour tous les maux ».

Il y a donc une préférence certaine de la pratique pour la seconde quinzaine du mois lunaire et notamment le troisième quart. D’ailleurs les médecins reconnaissent aussi que la deuxième quinzaine et le troisième quart sont plus bénéfiques que le début ou la fin du mois.

Les jours de la semaine

Ibn Umar rapporte que le Prophète a dit : « la hijama à jeun est exemplaire, elle est une source de guérison et de bénédiction, elle accroît la raison et la mémoire. Ayez donc recours à la hijama, par la bénédiction d’Allah jeudi et éloignez-vous du mercredi, vendredi, samedi et dimanche par sécurité et recourez à la hijama lundi ainsi que le mardi car il s’agit du jour où Allah a délivré Ayyûb de son épreuve tandis qu’il en fut atteint mercredi – sous d’autre formulation- : et abstenez-vous de la hijama mercredi, car c’est le jour où Ayyûb fut atteint par son épreuve – car on ne s’expose à la lèpre (après la hijama) que la journée du mercredi ou la nuit du mercredi ».

La hijama est donc déconseillée mercredi, vendredi, samedi et dimanche. Il incombe ainsi à toute personne souhaitant bénéficier de la hijama de s’écarter de ces jours, et surtout du mercredi afin qu’il ne subisse pas les conséquences néfastes de sa déviation vis-à-vis de la voie du Prophète excepté si le recours à la hijama est motivée par une nécessité.

Les heures de la journée

Aucun texte ne recommande d’heure précise. On peut cependant citer la parole de Ibn Sinâ qui dit : «son heure dans la journée : la deuxième et la troisième du jour »

Le Shaykh Abd Al-Barî abd al-Hamid Al Arabî, il précise : « il est préférable de la réaliser deux ou trois heures avant le zénith ».

Le calendrier lunaire ou hégirien, commençant ou s’achevant au Maghreb (coucher du soleil) il est donc essentiel de tenir compte de cette particularité pour réaliser la hijama le jour recommandé.

Lorsqu’un jour interdit coïncide avec une date recommandée

Il apparait que dans ce cas de figure, l’abstention est plus sûre. C’est notamment l’avis du shaykh Muhammad Ali Farkûs, enseignant à la faculté des sciences islamiques d’Alger qui dit : « Lorsque des jours interdits pour la hijama coïncident avec des dates recommandées pour celles-ci, alors il est obligatoire de faire prévaloir ce qui implique une mise en garde sur ce qui implique une recommandation. En effet, la recommandation permet l’obtention d’un bénéfice tandis que la mise en garde permet l’éloignement d’un mal. Or l’éloignement d’un mal prime que l’obtention d’un bien, selon l’avis des doués d’intelligence ».

Il est connu qu’à travers notre législation il est préférable de repousser un mal que de solliciter un bien.

 

la hijama annule-t-elle le jeûne ?

Ce point de jurisprudence fait l’objet d’une divergence entre les savants, voici l’argumentation.

Ceux qui considèrent l’annulation du jeûne

C’est le cas de l’imam Ahmad Ibn Khazaymah, Ibn Mundhir et Ibn Hibbân qui considèrent l’annulation du jeun par la hijama pour le Al-Hajjâm et Al Mahjûm.

Ceux-ci se basent sur le hadith de Shaddad Ibn aws qui rapporte que le Prophète a dit : « Al hajjâm et al hajjûm voient leur jeûne rompu ».

De son côté, l’imam Al Qayyim dit : « d’après le hadith de Ibn Abbâs le Prophète a subi une hijama tandis qu’il jeûnait ». On voit ici que la hijama n’est pas incompatible avec le jeûne, mais ce jeûne est-il rompu ou pas, là se pose la question. Ce qui parait le plus proche de la vérité est que le jeûne est rompu. Pour affirmer le contraire en se basant sur le hadith de Ibn Abbas, il faudrait satisfaire ces 4 points :

1 – qu’il soit question dans ce hadith d’un jeûne obligatoire

2 – que le Prophète ait été résident à ce moment

3 – qu’il n’ait pas été atteint d’une maladie rendant nécessaire le recours à la hijama

4 – que le hadith d’Ibn Abbas ait eu lieu après celui de Shaddâd

En effet, il s’agit peut-être d’un jeûne surérogatoire il serait donc possible de l’interrompre pour la hijama ou une autre raison. En cas d’urgence, le recours à la hijama serait autorisé même s’il s’agissait du Ramadan et qu’il était en voyage ou bien qu’il était résident.

 

Ceux qui considèrent la validité du jeûne

Ibn Abbas rapporte : « le Prophète a subi une hijama tandis qu’il jeûnait ». D’autres l’ont subi également en période de jeûne : Sad Zayd, Ibn Arqam, Umm Salamah.

Dans ce sens, l’imam As Shâfîi et l’imam Ibn Hajar ont considéré que les hadiths d’Ibn Abbas ont abrogé le hadith de Shaddâd. L’abrogation est par ailleurs suggérée dans les deux autres hadiths.

On rapporte d’Ibn Umar qu’il faisait pratiquer la hijama alors qu’il jeûnait la journée, puis il la subissait la nuit. Ceci pour ne pas être affaibli pendant le jeûne et non par risque d’annuler le jeûne.

La majorité des savants considère ainsi que la hijama n’annule pas le jeûne.

 

la hijama en état de sacralisation

Abd Allah Ibn Buhayna rapporte : « le messager d’Allah a subit une hijama au milieu du crâne alors qu’il était en état de sacralisation à Lahu-Jamal, un lieu situé sur le chemin de La Mecque ».

Il est aussi dit que celui qui est en sacralisation et a besoin de couper ses cheveux pour une hijama ou un bain, cela ne lui nuirait en rien.

 

Hijama Sunna Paris 3

la hijama n’annule pas les ablutions

Là encore, il y a diverses pensées : certains savants considèrent que la hijama invalide les ablutions car la quantité de sang extraite est abondante. Cette position est notamment celle de shaikh abd Al Aziz Ibn Bâz. A contrario, d’autres considèrent qu’il n’y a pas d’annulation car l’écoulement de sang ne provient pas des parties génitales ou de l’anus.

Shaikh Al Albâni dit concernant le hadith faible: «les ablutions sont exigibles pour toute effusion de sang »mais en fait ce hadith qui oblige les ablutions n’est pas authentique. La règle qui donc s’appliquera sera celle de l’absence d’incidence sur les ablutions. D’ailleurs il est rapporté qu’Ibn Umar a pressé un bouton jusqu’à faire couler du sang entre ses doigts puis il pria sans avoir refait ses ablutions. Il est aussi dit que le Prophète lui-même a subi une hijama puis a prié sans avoir refait ses ablutions.

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